Douglas A-20 Havoc

Douglas A-20 Havoc

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Historique

 Bombardier léger le plus construit de  la Seconde Guerre mondiale, le Dou glas A-20, également désigné DB-7  par la firme qui le réalisa, se révéla,  partout ou il fut employé, comme un  appareil polyvalent et trés performant.  C’est en 1936 que la Douglas Aircraft Company envisagea la possibi-  lité de mettre au point un avion d’attaque destiné a prendre la reléve des  bombardiers légers monomoteurs  alors en service dans l’US Army Air  Corps. A la suite d’une concertation  avec les services officiels, le bureau  d'études de la grande firme américaine se lança dans le développement  d’un projet auquel fut attribué la dénomination de Model 7A.  En 1938, celui-ci reçut la désignation de Model 7B en même temps que  des Pratt & Whitney R-1830 Twin  Wasp de 1 100 ch (820 kW) au lieu des  moteurs de 450 ch (336 kW) prévus à  l’origine. Monoplan a aile haute, le  Model 7B se présentait comme une  machine de conception classique à  train d’atterrissage tricycle, dont la  principale caractéristique était un nez  interchangeable permettant l'emploi  de cet appareil dans des missions  d’attaque ou de bombardement. Volant pour la première fois le 26 octobre 1938, le Model 7B se révéla d’emblée rapide, trés manœuvrable et  d’une grande fiabilité.
 Les dirigeants de la Douglas Aircraft Company, se rendant compte  des potentialités de l’appareil, résolurent de le proposer à l’exportation,  l’US Army Air Corps n‘ayant en effet  passé aucune commande a son sujet.
 Le premier marché fut conclu au  cours du mois de février 1939 avec  une commission d’achat française qui,  impressionnée par les performances  de l’avion, décida d’en acquérir une  centaine d’exemplaires. -L’armée de  l’Air demanda cependant certaines  modifications en vue d’adapter le  Model 7B aux conditions du théâtre  européen, où la Luftwaffe venait de  démontrer l’excellente qualité de son  matériel volant.  Ces transformations étaient cependant si importantes que la configuration de base de l’appareil en fut modifiée. C’est ainsi que le fuselage fut  agrandi en vue de permettre la mise  en œuvre d’une charge offensive plus  conséquente, mais aussi d'une plus  grande quantité de carburant. Montée A l’origine en position haute, la  voilure devint médiane, une jambe de  nez plus longue et équipée d’un amortisseur oléopneumatique étant adoptée tandis que la protection de l’équipage était renforcée par la mise en  place de blindages. Doté de deux mo-        teurs Twin Wasp de 1200 ch  (B95 kW), le nouvel avion, qui reçut la  dénomination de Douglas DB-7 (Douglas Bomber), quitta le sol pour la  première fois le 17 août 1939.  En dépit des efforts prodigués par  la firme américaine, à peine une  soixantaine des cent DB-7 achetés  pour le compte de l’armée de l’Air  étaient entrés en service avant l’offensive allemande du 10 mai 1940.  Une douzaine de ces appareils furent utilisés le 31 du même mois dans une  attaque a basse altitude lancée contre  les colonnes blindées adverses par le groupement de bombardement n" 2. 
Dans l’intervalle, et alors que sur le  DB-7 étaient opérées les modifications réclamées par le ministère de  l’Air, les Français s’étaient intéressés  a une version améliorée de cette machine volante, affichant un poids brut  supérieur de 24% :21 celui du précédent et propulsé par des moteurs en  étoile Wright Cyclone 14 installés dans des nacelles modifiées. Cet appareil, auquel son constructeur attribua la désignation de DB-7A, mettait également en œuvre un empennage vertical agrandi. 
Quand il devint évident que la  France ne tarderait plus a succomber,  la firme américaine contacta les autorités britanniques en vue de négocier  la cession à la Royal Air Force du reliquat de la commande française et de  quelques exemplaires destinés à l’origine, A la force aérienne belge. Ainsi les Britanniques firent-ils entrer en  service dans leurs unités une vingtaine de DB-7 qui, après avoir reçu  la  dénomination de Boston Mk I, furent  essentiellement utilisés pour l’entrainement. Quant au lot de série suivant, il consistait en cent vingt-cinq  machines appelées Boston Mk II. La  capacité d’emport et la grande vitesse  de ces avions les désignaient pour un  emploi dans le cadre des mission  d’interception nocturne. Manquant  désespérément de chasseurs de nuit  les Britanniques montèrent sur leurs  Boston des radars AI (Airborne Interception), des blindages supplémentaires, de rnéme qu’un armement consistant en huit mitrailleuses de 7.7 mm,  Livré a la Royal Air Force en cembre 1940 sous la désignation de  Havoc Mk I, l’appareil entra en service opérationnel avec le Squadron 85  le 7 avril 1941. Cent DB-7A, pourvus  de douze mitrailleuses, mais ayant  subi les mêmes modifications que les  DB-7, reçurent la dénomination de  Havoc Mk II, une quarantaine de  DB-7 étant transformés en avions  d’intrusion de nuit avec le nez vitré  d’origine et la possibilité d’emporter  une charge de bombes de 1 090 kg.  Appelé officiellement Havoc Mk I  (Intruder), le bimoteur fut connu,  parmi les équipages qui le mirent en  œuvre, en tant que Moonfighter,  Ranger et Havoc Mk IV. Cornme le  radar installé sur le Havoc Mk I présentait certaines insuffisances, vingt  et un exemplaires furent équipés d’un  projecteur Helmore/GEC d’une très  grande puissance, gagnant, par cette  transformation, l’appellation de  Havoc Mk I (Turbinlite).  Trente-neuf Havoc Mk II furent  convertis de la sorte sous la dénomination de Havoc Mk II (Turbinlite),  l’US Army Air Force reprenant de  son coté le nom de Havoc pour designer les différentes versions des A-20  qu’elle utilisa. Bien que quelques DB-  7A eussent été employés dans des  missions de bombardement léger, les  Britanniques commandèrent a Douglas une version spécifique qui, appelée DB-7B, disposait d’un système  électrique et hydraulique nouveau,  de même que d’une instrumentation  conforme aux normes de la RAF.  Celle-ci leur attribua la désignation  de Boston Mk III, un armement de  quatre mitrailleuses de 7,7 rnm étant  monté dans le nez, deux autres en position dorsale et une septième dans  un poste de tir ventral, la charge offensive atteignant, quant a elle, un  peu plus de 900 kg. Mis en œuvre par  les squadrons du 2 Group, dont le  groupe Lorraine des Forces aériennes  françaises libres, l’appareil fut également déployé sur le théâtre d’opérations d’Afrique du Nord a partir du  début de l’année 1942.  cockpit havoc
Commandé par l’US Army Air  Corps en rnai 1939 en tant que A-20, a  raison de soixante-trois exemplaires,  le bimoteur de Douglas était propulsé  par des Wright R-2600-7 Cyclone 14  turbocompressés, quelques machines  étant modifiées en vue de servir a la  reconnaissance photographique; un  autre appareil constitua le prototype  XP-70 ; et les cinquante-neuf derniers, des P-70 de chasse de nuit.  Equipé de R-2600-11 non compresses,   le XP-70 était doté, comme d’ailleurs  tous les avions de la série, d’un radar  AI d’origine britannique et d’un armement de quatre canons de 20 mm  montés sous le fuselage.
 La première version de bombardement employée par l’USAAC fut le A-20A, une machine a peu prés identique au A-20 mais propulsée par des  moteurs R-2600-3 non compresses.  L’armement de cet appareil était le  même que celui du DB-7B, excepté en  ce qui concernait le calibre des mi-  trailleuses utilisées (7,62 mm). En  outre, le A-20A disposait de deux  armes du même calibre montées en  barbettes et tirant vers l’arrière, la  charge offensive atteignant 500 kg.  Un prototype XA-20B réalisé a partir  de un A-20A fut pourvu de trois tourelles télécommandées, un agencement qui ne fut pas retenu sur le A-  20B de série qui, pourvu d’une tourelle de nez de deux mitrailleuses de  12,7 mm, ressemblait, sous de nombreux aspects, au DB-7A. 
La production sur une très grande  échelle impliquant une standardisation extrêmement poussée, les Boston  Mk III de la RAF et les A-20C de  l’Army Air Corps reçurent les mêmes  propulseurs, des R-2600-23. En outre  et en vue d’accélérer les cadences de  fabrication, Douglas conclut avec la  société Boeing un accord prévoyant la  construction sous licence de cent quarante A-20C destinés a être livrés a la  RAF sous la dénomination de Boston  Mk IIIA, dans le cadre de la loi Pret- Bail. Présentant des différences inter-  nes assez importantes avec ses prédécesseurs, notamment en matière de  circuit électrique et d’accessoires moteur, cette version du DB-7 fut également prise en compte par l’aviation  soviétique au cours de l’année 1942.  Les Boston Mk III du Squadron 226  de la RAF furent utilisés pour l’en-  trainement des équipages du 15th  Bombardment Squadron de 1’USAAF  qui, arrivés en Grande-Bretagne en  mai 1942, constituaient l’avant-garde  de la 8th Air Force.
 Le A-20G, qui fut réalisé à raison  de 2 850 exemplaires dans les usines  Douglas de Santa Monica, fut la version suivante la plus importante de  l’avion. Propulsée par des moteurs R-  2600-23 et allongée d’une vingtaine de  centimètres, cette machine volante  disposait d’un armement de nez  compose de deux mitrailleuses de  12,7 mm et de quatre canons de  20 mm, ainsi que de deux mitrailleuses de 12,7 mm ou bien d’une mitrailleuse jumelée avec un canon de  20 mm dans le poste de tir dorsal. La  plupart des A-20G de série achevés à  ces standards furent cédés a l’Union  soviétique, la version fabriquée par la  suite mettant en œuvre des mitrailleuses de 12,7 mm a la place des  canons de 20 mm. Quant à la version  finale, elle comportait un fuselage arrière élargi de 15,24 cm en vue de  l’installation d’une tourelle dorsale  mue électriquement et pourvue de  deux mitrailleuses de 12,7 mm. En  outre, l’appareil était doté de râteliers de voilure qui permettaient  d‘emporter une charge de bombes  supplémentaire de 907 kg, des réservoirs supplémentaires pouvant être  installés dans la soute a bombes,  tandis qu’une nourrice de carburant  pouvait être montée sous le fuselage  (ces équipements portaient a  3 220 km la distance susceptible  d’être franchie par l’appareil). Ainsi  aménagé, l’avion se révéla tout a fait  adapté au théâtre d’opérations du Pacifique, sur lequel il fut engagé pendant l’année 1942. Il permit au Major General George C. Kenney, le  commandant de la 5th Air Force américaine, de livrer bataille aux Jap0-  nais en Nouvelle-Guinée dans des  conditions favorables. Ces machines  montrèrent cependant trés vite que  leur armement était insuffisant, si  bien qu‘elles furent dotées de quatre  rnitrailleuses de 12,7 mm supplémentaires et employées dans des missions  d’attaque au sol avec des bombes a  fragmentation parachutées.
 Les autres améliorations apportées  progressivement au Havoc concernèrent l’adoption de blindages plus  lourd, d’équipements de navigation  et de visée plus fiables ainsi que d’accessoires moteur qui devaient lui permettre d’opérer sous des climats  froids. Produit a raison de quatre  cent douze exemplaires, le A-20H ne  présentait, en dehors de ses moteurs  R-2600-29 de 1 700 ch (1 268 kW)» que  de faibles différences avec les modèles  précédents. Ni le A-20 ni le A-20H ne  servirent dans la RAF, mais les A-20J  et A-20K furent construits pour  l’USAAF et les Britanniques, qui leur  attribuèrent les désignations respectives de Boston Mk IV et de Boston  Mk V. ,  Quand la production du DB-7 prit  fin, en septembre 1944, la Douglas  Aircraft Company avait assemble  7 385 exemplaires, toutes versions  confondues, lesquels furent utilisés,  par les Etats-Unis et leurs alliés, dans  un nombre de taches inimaginable et  sous toutes les latitudes. Le bimoteur  avait été livré au Brésil, aux Pays-Bas  et a l’Union soviétique, quelques  unités étant cédées par la Grande- Bretagne a la Royal Australian Air  Force, A la Royal Canadian Air Force  et A la South African Air Force. En  outre, un A-20A fut pris en compte  par l’US Navy, qui en procéda A i'évaluation sous la désignation de BD-1.  huit A-20B étant employés comme remorqueurs de cibles en 1942 sous la  dénomination de BD-2.       

Versions 

A-20D : désignation attribuée au  projet d’une version équipée de  moteurs en étoile R-2600-7  turbocompressés 

A-20E : désignation attribuée à  17 A-20A présentant des  modifications internes de faible  importance 

XA-20F : désignation attribuée à  1 exemplaire du A-20A transformé en  vue d’expérirnenter 2 tourelles  General Electric équipées chacune de  2 mitrailleuses de 12,7 mm ; l’avi0n  fut par la suite modifié a nouveau de  fagon a pouvoir étre doté de 1 canon  de 37 mm installé dans le nez 

XF-3 : désignation attribuée 51  3 prototypes de reconnaissance  dérivés du A-20 

YF-3 : désignation attribuée a  2 appareils de reconnaissance  expérimentaux a peu pres identiques  au XF-3 mais dotés de 2 moteurs en  étoile R-2600-23 et de 1 tourelle  actionnée manuellement et équipée  de 2 mitrailleuses de 12,7 mm

F-3A : désignation attribuée a  46 appareils de reconnaissance  dérivés du A-20J et du A~20K  O-53 : désignation attribuée a une  version d’0bservation à peu pres  identique au A-20B et dont  1 489 exemplaires furent commandés  en octobre 1940 ; le contrat fut cependant dénoncé avant qu’un seul  appareil ait été pris en compte

P-70A-1 : désignation attribuée à  39 chasseurs de nuit dérivés du  A-AOC et produits en 1943 avec  6 mitrailleuses de 12,7 mm installées  dans le nez et 2 autres à 1’arriére ;  l’avion était également pourvu d’un  radar amélioré 

P-70A-2 : désignation attribuée a  65 chasseurs de nuit dérivés du A-20G  et ressemblant £1 peu pres au P-70A-1,  mais dépourvus de tout armement  arriére 

P-70B-1 : désignation attribuée à  une version expérimentale dérivée du  A-20G et équipée du radar SCR-7 20  et d'un armement de 6 mitrailleuses  de 12,7 mm réparties 2 par 2 dans des  nacelles montées a l’avant.       

Douglas A-20 Havoc
Constructeur Douglas Aircraft Company
Rôle Avion d'attaque au sol, bombardier léger, chasseur nocturne
Statut Retiré du service
Premier vol 26 octobre 1938
Mise en service 10 janvier 1941
Nombre construits 7 478 de 1939 à 1944
Équipage
3 en version G (pilote, 2 mitrailleurs) et 4 en version C (pilote, bombardier et 2 mitrailleurs)
Motorisation
Moteur Wright R-2600-23 Double Cyclone
Nombre 2
Type 14 cylindres en double étoile
Puissance unitaire 1 600 ch
Dimensions
Envergure 18,69 m
Longueur 14,63 m
Hauteur 5,36 m
Surface alaire 43,11 m2
Masses
À vide 6 827 kg
Maximale 12 340 kg
Performances
Vitesse maximale 550 km/h (Mach 0,45)
Plafond 7 800 m
Rayon d'action 1 750 km
Armement
Interne 9 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm
Externe 907 kg de bombes ou 1 torpille

Flight Characteristics of the A-20: How to Fly the Douglas A-20 Havoc (1943)

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Date de dernière mise à jour : 25/10/2013

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