Fairey Swordfish

Fairey Swordfish

Swf 1

Historique 

Le Fairey Swordfish trouve ses origines dans le biplan TSR.1, un appareil  construit sur les fonds propres de la  firme et détruit dans un accident en  septembre 1933. Cependant, les performances affichées par cet appareil  furent jugées suffisamment intéressantes pour justifier le développement d`un dérivé amélioré. Ainsi,  lorsque l'Air Ministry publia sa spécification S.15/ 33, réclamant un avion  de reconnaissance, de réglage d'artillerie et de torpillage embarqué, Fairey proposa-t-il son TSR.2. Ce dernier donna naissance au prototype du  Swordfish (K4190), qui vola pour la  première fois le 17 avril 1934
Le premier modèle, baptisé Swordfish Mk I et construit pour répondre  à la spécification S.38/34, se présentait comme un biplan à deux rangées  de mâts mettant en œuvre une structure métallique entoilée, sauf en ce  qui concernait certaines parties du fuselage avant, recouvertes de panneaux en alliage léger. Ses ailes repliables permettaient le déploiement  de l`appareil à bord des porte-avions,  le fuselage disposant de deux habitacles ouverts (l'un pour le pilote, à  l'avant, et l’autre pour un ou deux  autres membres d'équipage, à l'arrière). I’empennage contreventé était  de conception classique, le train d`atterrissage étant normalement équipé  de roues et d`une roulette de queue.  Des flotteurs pouvaient être installés  en option, le moteur sélectionné étant  un Bristol Pegasus IIIM en étoile de  690 ch (515 kW). 
Le Swordfish Mk I commença à entrer en service au sein de la FAA en  juillet 1936, remplaçant les Fairey  Seal du Squadron 825 qui ne se trouvaient en première ligne que depuis  trois ans. Le nouvel avion releva également le Blackburn Baffin, à la fin  de l'année 1936, dans les Squadrons  811 et 812; puis ce fut le tour des  Seal du Squadron 823. Lorsque, en  1938, les Blackburn Shark des Squadrons 810, 820 et 821 furent à leur  tour retirés des premières lignes - ils  étaient restés en service encore moins  longtemps que les Seal -, les unités  de torpillage de la FAA volaient  toutes, sans exception, sur Swordfish. 
Au début de la Seconde Guerre  mondiale, la FAA alignait treize squadrons de Swordfish, dont douze  étaient embarqués à bord des porte-avions Ark Royal, Courageous,  Eagle, Furious et Glorious. Mais ces  appareils ne purent mener une seule  mission de guerre avant la campagne  de Norvège en 1940, ce répit étant mis  à profit par les unités pour perfectionner les tactiques et entraîner les  pilotes au plus haut degré. La démonstration éclatante en fut donnée  le 11 avril, lorsque les Swordfish du  Furious, armés de torpilles, entrèrent  en opérations pour la première fois.  Deux jours plus tard, un Swordfish,  catapulté du Warspite, coula le sous- marin U-64, premier U-Boote revendiqué par la Fleet Air Arm. 
Fairey éprouvant quelques difficultés à honorer ses contrats, la production de l`avion fut confiée à Black-Wuburn Aircraft, à Brough (Yorkshire),  un constructeur solide qui, depuis ses  origines, s'était spécialisé dans l'étude  et la construction d'appareils pour la  marine. Bien qu'un seul exemplaire  fût produit par Blackburn en 1940, ce  nombre fut porté à quatre cent quinze  l'année suivante. Toutefois, avant la  fin de 1940, le Swordfish avait été utilisé pour un autre type de mission,  sous l'égide du Coastal Command de  la RAF. Menés par un équipage de  deux hommes et dotés de réservoirs  dans l'habitacle arrière, ces appareils  mouillèrent des mines et bombardèrent les ports de la Manche occupés  par les Allemands. A la même époque,  les Swordfish de la Fleet Air Arm  partirent à l’attaque de la flotte italienne mouillée dans le port de Tarente, après que des reconnaissances  y eurent localisé six cuirassés, des  destroyers et des croiseurs de soutien.  L'assaut, conduit par vingt et un  avions dans la nuit du 11 novembre 1940, fut mené en deux vagues, à  une heure d'intervalle. Bien que les  premiers rapports aient donné à penser qu'un succès important avait été  obtenu, il fallut attendre la confirmation des appareils de reconnaissance  pour en connaître l'étendue. En fait,  la marine italienne avait essuyé une  lourde défaite 1 sur les trois cuirassés  qui avaient subi de sérieuses avaries,  deux gisaient par le fond ; un croiseur  et deux destroyers avaient été touchés, et deux navires auxiliaires  coulés. En l’espace d'une heure, les  Britanniques avaient reconquis la supériorité maritime en Méditerranée,  et ce d'une façon irréversible. 
La dernière grande opération de  torpillage confiée au Swordfish se déroula en 1942, quand les Britanniques  tentèrent, vainement, d'empêcher les  cuirassés allemands Gneisenau et  Scharnhorst, accompagnés par le croiseur lourd Prinz Eugen, de s'échapper vers l'Allemagne en franchissant le pas de Calais. En dernier  ressort, six Swordfish dirigés par le  Lieutenant Commander Esmonde furent lancés pour une ultime tentative,  mais un seul en réchappa. Ce fut un  véritable miracle si cinq des dix-huit  aviateurs abattus purent être repêchés. Tous furent décorés, Esmonde  recevant la Victoria Cross à titre posthume, la première décernée à un  aviateur de la FAA. 
Cette expérience démontra, s`il en  était besoin, les limites du Swordfish  dans des attaques à la torpille. De  telles actions nécessitaient en effet  une approche longue et précise, de  façon que la torpille puisse être lancée avec des chances de succès. Lors  de cette approche, l'avion devenait  une cible assez facile pour l'ennemi.  C'est pourquoi le Swordfish fut affecté aux missions de lutte anti-sous-  marine, utilisant contre les submersibles en plongée des charges de profondeur classiques et contre les  bâtiments en surface des roquettes,  une arme récemment mise au point. 
Cette nouvelle orientation poussa  Fairey à lancer le Swordfish Mk ll,  qui, entrant en service en 1943, se différenciait de la version précédente  par son plan inférieur renforcé, pour  l'emport et le tir de roquettes. Les  premiers modèles de cette version  conservèrent le Pegasus IIM, les  exemplaires suivants étant dotés du  Pegasus XXX plus puissant. Au  Swordfish Mk II succéda, la même  année, la dernière version de série, le  Swordfish Mk III, qui était doté d’un  radôme situé entre les jambes du  train d'atterrissage et abritait l'antenne d'un radar ASV Mk X. Autrement, cet appareil était identique au  Swordfish Mk ll. En dehors des trois  versions de série, quelques exemplaires furent produits, sous la dénomination de Swordfish Mk IV, à partir de  Swordfish Mk II pourvus d'un habitacle fermé en vue d'être employés  au-dessus des mers froides au large du  Canada. 
La mise en oeuvre de l'arme nouvelle que constituait la roquette dans  l`arsenal de la Fleet Air Arm fut  confiée aux Swordfish, qui avec elle  effectuèrent de nombreux essais.  Equipés donc de roquettes, ainsi que  de mines, ces avions obtinrent des résultats exceptionnels dans la lutte  anti-sous-marine. Un de leurs plus  beaux exploits eut lieu en septembre 1944, lorsque des Swordfish embarqués à bord du porte-avions Vindex, qui escortait un convoi vers  l'Union soviétique, coulèrent quatre  U-Boote en un seul voyage. 
La construction en série de l'avion  cessa en 1944, après la sortie du 2 391em  exemplaire, 692 autres ayant été produits par Fairey et 1 699 par Blackburn. Le 21 mai 1945, le Squadron  836, dernière unité opérationnelle  dotée de Swordfish, fut officiellement  dissous. Et pourtant la Royal Navy  éprouvait certaines réticences à se  priver des services d’un appareil aussi  exceptionnel, qui avait servi tout au  long des cinq années d’une guerre impitoyable comme bombardier-torpilleur, mouilleur de mines à partir de  bases terrestres, escorteur de convois  depuis des porte-avions, éclaireur de  nuit, avion de lutte maritime armé de roquettes et appareil de guerre anti- sous-marine.  Le Swordfish Mk II (vitesse maximale, 222 km/h) disposait d'un plafond pratique de 3 260 m et pouvait,  avec une capacité normale de carburant, franchir 1 660 km. 

Fairey Swordfish I
Constructeur Fairey Aviation
Rôle Bombardier-torpilleur
Premier vol 17 avril 1934
Mise en service 1936
Nombre construits 2390
Équipage
1 pilote, 1 navigateur/torpilleur, 1 mitrailleur
Motorisation
Moteur Bristol Pegasus IIIM3
Nombre 1
Type 9 cylindres en étoile
Puissance unitaire 700 ch
Dimensions
Envergure 13,87 m
Longueur 11,00 m
Hauteur 3,92 m
Surface alaire 56,39 m2
Masses
À vide 2 132 kg
Maximale 4 196 kg
Performances
Vitesse maximale 224 km/h
Plafond 3 260 m
Vitesse ascensionnelle (masse maxi) 152 m/min
Rayon d'action 880 km
Armement
Interne 2 mitrailleuses de 7,7mm (1 fixe,orientée vers l'avant et 1 montée sur affût mobile tirant vers l'arrière)
Externe au choix : 1 torpille de 457 mm pesant 730 kg, 1 mine de 680 kg, 8 roquettes de 76,2 mm ou encore 4 bombes de 113 kg

Fairey Swordfish

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Date de dernière mise à jour : 22/12/2013

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