Junkers Ju 88

Junkers Ju 88

 

  Historique

 Effectuant son vol initial le 21 décembre 1936 avec deux moteurs Daimler-Benz DB 600Aa de 1 000 ch (746 kW),  cette machine trouvait ses origines  dans une spécification émise par le  RLM concernant un bombardier triplace à grande vitesse. Equipé de  deux Junkers Jumo de 1 000 ch  (746 kW), le troisième prototype  atteignit la vitesse de 520 km/h au  cours de ses évaluations, la firme allemande engageant, en mars 1939, le  cinquième prototype dans une tentative de record au cours de laquelle  l'avion parcourut un circuit fermé de  1 000 km à la vitesse de 517 km/h  avec une charge utile de 2 000 kg. Une  dizaine d'appareils expérimentaux furent réalisés, le premier Ju 88A-0 de  présérie quittant le sol au commencement de 1939. Quant au Ju 88A-1 de  série, il entra en service au sein de la  Luftwaffe en septembre de la même année.
Si l’engagement en opérations du  Ju 88 mit en relief les bonnes performances de cet appareil en même  temps que l'importance de la charge  de bombes qu`il était capable d'emporter, les responsables de la Luftwaffe durent bien admettre l'insuffisance dramatique de son armement  défensif. Cette constatation déboucha  sur la mise au point du Ju 88A-4, lequel disposait d'une voilure à l’envergure accrue, d'une structure renforcée  et d'une puissance de feu plus importante. Cet avion constitua la base du  développement d’un nombre considérable de versions, la série Ju 88A donnant lieu à elle seule à la réalisation  de dix-sept variantes (Ju 88A-1 à Ju  88A-17). La mise au point du Ju 88B,  une machine au nez largement vitré  pourvue de moteurs BMW 801MA en  étoile de 1 600 ch (1 193 kW), débuta  alors que le Ju 88A était encore en  cours de production. Les essais en vol  ayant montré des insuffisances en  matière de performances, à peine une  dizaine de Ju 88B-0 de présérie furent  assemblés. 
Presque aussi rapide que les chasseurs de son temps, le Ju 88 affichait  une excellente manœuvrabilité, qui se  trouva améliorée sur le Ju 88C. En ce  qui concerne le Ju 88C-1, son développement fut abandonné; cet appareil  devait mettre en œuvre des moteurs  BMW 801MA, que le RLM entendait  réserver au Focke-Wulf FW 190. Extrapolé du Ju 88A-1 et doté d'un nez  plein, dans lequel avaient été installés  un canon MG FF de 20 mm et trois  mitrailleuses MG 17 de 7,92 mm, le Ju  88C-2 fut donc la première version de  cette série à être produite avec un armement défensif comprenant deux  mitrailleuses MG 15 de 7,92 mm.  Quant au Ju 88C-4, il s'agissait d'un  chasseur lourd de reconnaissance, le  Ju 88C-5 se présentant comme un  avion de chasse lourde amélioré, et le  Ju 88C-6a comme un Ju 88C-5 perfectionné. Le Ju 88C-6c était affecté aux  missions de chasse de nuit, les Ju  88C-7a et Ju 88C-7b étant des appareils destinés à l’intrusion nocturne.  Enfin, le Ju 88C-7c était une machine de chasse lourde, les chasseurs de nuit  Ju 88R-1 et Ju 88R-2 étant pourvus  de BMW 801MA.  Dérivée du Ju 88A-4, la série Ju  88D concernait des appareils de reconnaissance à long rayon d'action,  les Ju 88D-1, Ju 88D-2, Ju 88D-3, Ju  88D-4 et Ju 88D-5 se différenciant  par leur motorisation et des améliorations de détail. Quant à la série Ju  88G, elle concernait des versions de  chasse de nuit, lesquelles commencèrent à prendre la relève des Ju 88C et  Ju 88R dès le début de l'été de 1944.  Equipé d'un radar d'interception efficace et d'un armement puissant, le Ju 88G fut un formidable intercepteur  nocturne qui occasionna de lourdes  pertes aux bombardiers de la RAF. A  ces machines succéda le Ju 88H au fuselage allongé et à la capacité en carburant accrue, le Ju 88H-1 étant, quant à lui, un avion de reconnaissance, et le Ju 88H-2 un appareil  de chasse. Le chasseur de chars  Ju 88P fut développé à partir du Ju  88A-4, le Ju 88P-1 comportant un  canon PaK 40 de 75 mm, tandis que  les Ju 88P-2, P-3 et P-4 avaient reçu  des combinaisons d'armes variées.  Les performances des chasseurs  alliés ne faisant qu’augmenter, provoquant une recrudescence des pertes,  la firme allemande mit au point le  bombardier rapide Ju 88S et l’appareil de reconnaissance photographique Ju 88T, qui furent les ultimes  versions de série. Quand la production prit fin, quinze mille machines de  série avaient quitté les chaînes d'assemblage. Ces chiffres montrent bien  que le rôle considérable que le Ju 88  joua au sein de la Luftwaffe.   

Junkers Ju 88 G-1
Constructeur Junkers
Rôle Avion de reconnaissance (L)
Bombardier
chasseur-bombardier
Attaque au sol (Zerstörer)
Chasseur de nuit
Chasseur lourd
Premier vol 21 décembre 1936
Mise en service 1939
Date de retrait 1951 (France)
Nombre construits ~ 15 000
Équipage
4 personnes
Motorisation
Moteur BMW 801G
Nombre 2
Puissance unitaire 1 677 ch
Dimensions
Envergure 20,08 m
Longueur 15,50 m
Hauteur 5,07 m
Surface alaire 54,7 m2
Masses
À vide 9 081 kg
Avec armement 13 100 kg
Maximale 14 690 kg
Performances
Vitesse maximale 550 km/h
Plafond 9 900 m
Rayon d'action 2 500 km
Charge alaire 240 kg/m2
Rapport poids/puissance 0.18 kg/ch
Armement
Interne 4 canons MG 151/20 de 20 mm (en chasse)
1 ou 2 mitrailleuses MG 131 de 13 mm (en défense)
1 ou 2 canons MG 151/20 de 20 mm Schräge Musik (orienté(s) à 60° vers le haut)

Luftwaffe in color Farbe Film JU 88 Lied Junkers German bomber

Junkers Ju 88 mitsel

 Historique

 C'est en 1943 que fut émise l`idée de  transformer en missiles non pilotés  des cellules de Ju 88 à bout de potentiel et d'installer sur chacune d'elles  un Messerschmitt Bg 109. Le pilote  de ce dernier était chargé de convoyer  cet ensemble composite au-dessus de  l'objectif sélectionné et d'y larguer  l'élément inférieur. Le prototype de  cette arme redoutable, connue sous la  dénomination de Mistel ou de Vater  und Sohn (« le père et le fils »), effectua son vol initial au cours du mois de  juillet de la même année, les essais  conduits par la suite révélant sa viabilité. Le seul défaut du Mistel résidait cependant dans l’impossibilité de  guider le Ju 88 bourré d'explosifs  quand celui-ci avait été lâché sur sa  cible, le pilote automatique qui équipait le bimoteur étant assez peu fiable.   
Les appellations attribuées aux différentes combinaisons réalisées varièrent en fonction des types d'appareíls  concernés par ces transformations.  Parmi les divers Mistel mis au point  figurèrent le Mistel 1 (de même que la  version d'entraînement S 1) formé  d'un Ju 88A-4 et d'un Bf 109F, le Mistel 2 (et le S 2) composé d'un Ju 88G- 1 et d'un FW 190A-8, le Mistel 3A (et  le S 3A) associant un Ju 88A-6 et un  FW 190A-6. Quant aux variantes à  long rayon d'action Mistel 3B et 3C,  elles résultaient du montage d'un FW  190A-8 doté de réservoirs supplémentaires sur des cellules de Ju 88G-10 ou  de Ju 88H-4. Utilisés comme marqueurs d’objectifs, ces modèles  étaient mis en œuvre par un équipage  de trois hommes.
 Un des derniers Mistel expérimenté  avant la fin du conflit se composait  d'un Ju 88G-7 et d'un Focke-Wulf Ta 152H. Environ deux cent cinquante  de ces engins peu orthodoxes furent  assemblés, les résultats qu'ils obtinrent étant décevants.       

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Date de dernière mise à jour : 15/11/2013

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