JUNKERS JU. 52/3 m

juncker-ju 52/3M.

Junkers JU 52/3 m

Le trimoteur de transport Junkers Ju-52, plus  précisément le Ju-52/ 3m, demeure encore  aujourd'hui, près d'un demi-siècle après sa  naissance, un des rares avions å avoir pleinement mérité sa réputation: un demi-siècle,  c'est plus que la vie active d’un homme, et que  celle d'un aéroplane même très réussi. Pourtant il en volait encore, sous les cocardes helvétiques notamment, en 1978, et la dernière  unité opérationnelle de Ju-52 fut dissoute en  Espagne à l'été de 1976.  Le premier avion construit par les ateliers  Junkers, le J-1 vola le 12 décembre 1915, et  c’était déjà un monoplan de structure entièrement métallique ! Ce fut l’ancêtre d’une longue lignée d'avions de transport de fret, de  passagers et de poste, caractéristiques par  leurs revêtements de tôle ondulée et leur aile  basse.  Certes, ils ne brillaient guère par leur élégance, mais leur exceptionnelle robustesse  devint légendaire avec le Ju-52 dont le premier vol remonte au 13 octobre 1930. Il  s’agissait d'un monoplan de grande envergure  pour l’époque (29,23 m) motorisé par un Junkers L88 à 12 cylindres donnant 800 cv, et  dont la masse maximale au décollage devait  atteindre 9 000 kg. Mais, en dépit des avantages aérodynamiques de l’aile cantilever, ce  rapport masse/puissance supérieur à 10 kg  par cheval-vapeur était rédhibitoire et, à l’époque, on ne savait pas faire de moteurs beaucoup plus puissants. Alors le constructeur  décida d’en augmenter le nombre, et c’est  ainsi que l’ingénieur Ernst Zindel reprit  l’étude du Ju-52 pour en faire un trimoteur  (au début ces moteurs furent probablement  des Pratt et Whitney Hornet de 525 cv fabriqués sous licence par BMW). Le Ju-52/3m fit  à son tour son premier vol en avril 1931.

Le point de vue technique

 De toute cette célèbre famille de trimoteurs,  le modèle Ju-52/3mg7e a été l'objet de la  commande la plus importante; il ne présentait  pourtant pas de différences sensibles avec le  prototype initial. Les versions suivantes ne se  distinguèrent entre elles que par des détails  d’aménagement intérieur, d’armement défensif et de moteurs.  L’aile au profil et à la corde en nette diminution était fixée à un moignon central de  forme rectangulaire, solidaire du fuselage, sur  lequel prenaient appui les jambes de l’atterrisseur avant. Les demi-ailes qui le prolongeaient de part et d’autre présentaient une  flèche marquée au bord d'attaque. Les axes  des moteurs latéraux, perpendiculaires à ce  dernier, convergeaient donc vers la queue de  l’appareil. Outre son revêtement en tôle ondulée, l’aile se caractérisait par la géométrie  particulière des hypersustentateurs et des  ailerons, dont l°envergure exceptionnellement  grande faisait une sorte d’aile auxiliaire, légèrement en arrière et en bas du bord de fuite  sous lequel ils étaient articulés.  La structure de cette aile était d’une robustesse légendaire. Elle était à l’épreuve des  efforts les plus élevés. A la base, quatre poutres en alliage léger à semelles tubulaires  reliés entre eux par un châssis de tubes métalliques dont l’emplanture relevait de la technologie chère à Junkers, à base de fixations à  rotules métalliques.  Le fuselage, de section rectangulaire arrondi sur le dos, comprenait quatre robustes  longerons, deux en bas et deux en haut des  cadres transversaux et l’habituel revêtement  en tôle ondulée qui contribuait à la solidité de  l°ensemble. De dessin classique, 1'empennage  comprenait un plan fixe horizontal de dessin  trapézoïdal, renforcé de mâts obliques de liai-  son avec le bas du fuselage, une gouverne de  profondeur de grand allongement à becs compensateurs, une dérive trapézoïdale et un gouvernail de direction de grande surface,  rectangulaire, aux angles arrondis.  Le train tricycle arrière, fixe, simple et  robuste, avec ses roues de grand diamètre, a  permis au Ju-52 d’opérer à partir des terrains  les plus invraisemblables. Quant au moteur  BMW l32T de la version 3mg7e, la plus  répandue, il se caractérisait par une fiabilité  optimale et une extrême facilité d’entretien.  Ses 9 cylindres développaient 830 cv. Le  moteur central était protégé par un anneau  Townsend tandis que les moteurs latéraux  avaient des capots NACA. La capacité totale  des réservoirs de carburant logés dans les  demi-ailes était de 2 450 litres.  Du poste de pilotage, spacieux et bien aménagé, la visibilité vers l’avant était médiocre  au sol, à cause du moteur central (et parfois  en vol, si ledit moteur «crachait» un peu  d’huile). Avec près de 17 m de longueur, la  cabine offrait un volume utile appréciable,  pour 18 parachutistes équipés ou 12 blessés  sur civière, ou 2 tonnes de fret par exemple.  L’équipement de bord comprenait déjà des  appareils modernes pour les années 30  comme un stabilisateur de cap et un radio-  compas. Les Ju-52 de la Luftwaffe possédaient 3 ou 4 mitrailleuses, dont une en position dorsale (MG 131 de 13 mm ou MG 15  de 7,9 mm), deux MG 15 sur les flancs du  fuselage et parfois une MG 15 au-dessus du  poste de pilotage.

Junkers Ju 52
Constructeur Junkers
Rôle Avion de transport
Premier vol 13 octobre 1930
Mise en service 1932
Date de retrait 1982
Nombre construits 4845
Équipage
2 pilotes, 1 opérateur radio
Motorisation
Moteur BMW 132T (en)
Nombre 3
Type 9 cylindres en étoile refroidis par air
Puissance unitaire 715 ch (526 kW)
Dimensions
Envergure 29,25 m
Longueur 18,90 m
Hauteur 4,50 m
Surface alaire 110,50 m2
Masses
À vide 6 510 kg
Avec armement 9 200 kg
Maximale 10 990 kg
Performances
Vitesse maximale 265 km/h
Plafond 5 490 m
Rayon d'action 870 km
Armement
Interne 18 soldats ou parachutistes, ou 12 blessés sur civières
Externe 1 MG 131 de 13 mm en position dorsale et 2 MG 15 de 7,92 mm latérales

L’utilisation

 En dépit de son allure pacifique et quelque  peu démodée, «Tante Julie» ou «Anna de  Fer» comme la surnommaient affectueusement ses équipages, a été pendant plusieurs  décennies une machine de guerre au rôle  essentiel.  Sa première carrière fut essentiellement  civile, aux couleurs de la Deutsche Lufthansa, et de compagnies aériennes finlandaises, norvégiennes, suédoises, brésiliennes et  sud-africaines.

Junkers JU 52 takeoff, landing at Lelystad airshow + Mustang

Mais dès 1934, Hitler ayant jeté le masque,  l’avion fut transformé en bombardier dans un  premier temps en attendant les He-111 et  les Do-17  et en avion de transport tactique.  Le trimoteur fit ses débuts en opérations  dans le ciel d’Espagne, en faisant notamment  franchir le détroit de Gibraltar à quelques  10 000 combattants de l'armée d’Afrique du  général Franco. Presque sans transition, ce furent ensuite les campagnes de Pologne, dans un rôle de simple soutien logistique,  puis du Danemark et de Norvège, où il fut  largement utilisé en missions tactiques. Sur le  seul théâtre scandinave, 600 Ju-52 accomplirent plus de 3 000 missions en quelques jours  pour mettre à pied d’œuvre 30 O00 combattants,
2 000 tonnes de fret et un million de  litres de carburant - au prix de lourdes pertes  il est vrai, 150 avions.  L'opération à peine achevée, ce fut la campagne des Pays-Bas, de Belgique et de  France, avec notamment la capture du fort  d’Eben Emael par des planeurs remorqués  par des Ju-52, et le ravitaillement par air des  Panzer Divisionen aventurées bien loin de  leurs échelons de soutien. Rappelons aussi le  blocus de l’isthme de Corinthe, en Grèce, par  des troupes aéroportées par Ju-52 et, naturellement, les efforts héroïques déployés par  l’aviation de transport allemande pour ravitailler Stalingrad encerclée et tenter de porter  secours aux survivants de l'Afrika Korps en  Tunisie.  L’opération la plus célèbre dans laquelle  les Junkers ont joué le premier rôle demeure  le débarquement aéroporté en Crète le 20 mai  1941, la fameuse opération « Merkur » dans  laquelle la Luftwaffe engagea 500 Ju-52 et  environ 80 planeurs DFS 230 pour transporter 15 O00 hommes.  Principalement utilisé comme avion de  transport, après des débuts comme bombardier, le .lu-52 servit aussi comme avion-école,  avion-ambulance, et comme destructeur de  mines magnétiques par l’effet d’un champ  magnétique intense irradié par un anneau de  15 m de diamètre.  Mais pour le vaillant trimoteur, la capitulation allemande n’allait pas signifier la  démobilisation. Sous les cocardes françaises,  le Toucan allait pendant plus de 10 ans participer aux opérations d'Indochine et aux débuts de la guerre d'Algérie.      

 

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Date de dernière mise à jour : 01/11/2013

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