Dassault Mirage IV

Dassault Mirage IV

Historique 

Soucieux d'instituer une politique  d’indépendance nationale, le gouvernement français décida, en 1954, de  créer une force de dissuasion nucléaire. Une des premières priorités  fut accordée à la mise au point d`un  vecteur d'armes nucléaires, le projet  étant pris en compte par Dassault de  même qu'un certain nombre d`autres  constructeurs. Le programme officiel  réclamant un avion de hautes performances à long rayon d'action, Dassault, qui chercha au départ à développer un appareil dérivé du Vautour,  préféra au bout du compte se rabattre  sur le projet d'un chasseur de nuit biréacteur datant de 1956. La nouvelle  étude réalisée, qui se présentait sous  la forme d'un Mirage III plus important, nécessita un certain nombre de  modifications, notamment en ce qui  concernait les dimensions générales et  le groupe propulseur. Quand le cahier  des charges en matière de vitesse, de  poids et d`autonomie fut connu, Dassault apprit que l`état-major de l'armée de l'Air souhaitait disposer d'une  machine susceptible d'être ravitaillée  en vol. 
Le premier prototype du Dassault  Mirage IV prit l`air le 17 juin 1959  équipé de deux réacteurs SNECMA  Atar 09 dont la puissance avait été  portée à 6 000 kgp avec, aux commandes, le chef pilote de la grande firme  française, Roland Glavany. Le  comportement en vol de l'appareil se  révéla tellement satisfaisant que les  pouvoirs publics accordèrent l'autorisation à Dassault de lui faire survoler  la piste du Bourget, où se tenait le  XXIII” Salon de l'aéronautique. 
Lors du quatorzième essai, en juillet 1959, l'avion atteignit la vitesse de  Mach 1,9, puis celle de Mach 2 au  cours de son trente-troisième vol. Il  fut suivi par trois appareils de présérie, dont le premier quitta le sol le  12 octobre 1961, qui mettaient en  œuvre deux Atar 9C de 6 400 kgp. Ces  machines, qui présentaient des dimensions plus importantes, étaient  plus représentatives de la version de  série du Mirage IVA; elles comportaient notamment un grand radôme  circulaire, monté en avant de la  bombe nucléaire, en partie noyée  dans le fuselage. Le premier exemplaire de présérie fut expédié à Colomb-Béchar en vue d’y mener des  essais de bombardement, le second  exemplaire servant à la mise au point  des systèmes de navigation et de ravitaillement en vol, tandis que le troisième, qui vola le 23 janvier 1963,  était, avec ses réacteurs Atar 9K, son  équipement complet, la perche de ravitaillement et l'armement, en tous  points identique aux modèles de série.  Satisfait, l’état-major de l'armée de  l'Air passa commande de cinquante  unités de série, livrables entre 1963 et  1965, douze autres machines devant  être produites par la suite. 
Les premiers avions de série furent  livrés aux unités au cours de l'année  1963, avec des réacteurs Atar 9K ou  9D fournissant 6 800 kgp avec postcombustion. Ils disposaient d`un système de navigation sophistiqué pour  l’époque, qui lui permettait de bombarder en aveugle entre 4 000 et  8 000 m d’altitude et pouvaient être  ravitaillés en vol.
 Le Mirage IVA doit, en théorie, rester en première ligne dans les formations de bombardement stratégique  jusqu'en 1985, lorsque les missiles balistiques S-3 (implantés dans les silos  du plateau d’Albion depuis 1976)  constitueront la seule composante de  la dissuasion nucléaire française, pendant encore une quinzaine d'années. Douze Mirage IVA ont été transformés pour la reconnaissance stratégique à haute ou à basse altitude, qui  deviendra la mission essentielle de cet  appareil à partir de 1985. Bien que  plutôt lourds et délicats, les Mirage  IVA de l'armée de l'Air, maintenus en  état d'alerte permanente, peuvent décoller très rapidement, réacteurs  lancés à plein régime, depuis les abris  renforcés où ils stationnent. Certains  appareils ont même décolle depuis des  pistes courtes, non goudronnées mais  renforcées par l’application de produits chimiques à séchage rapide,  avec l'aide de fusées d`appoint.       

Dassault Mirage IV
Constructeur Dassault Aviation
Rôle Bombardier stratégique
Statut Retiré du service
Premier vol 17 juin 1959
Mise en service 1er octobre 1964
Date de retrait 23 juin 2005
Nombre construits 62
Équipage
1 pilote, 1 navigateur
Motorisation
Moteur SNECMA Atar 9K
Nombre 2
Type Turboréacteurs avec postcombustion
Poussée unitaire 68,65 kN
Dimensions
Envergure 11,84 m
Longueur Avec perche de ravitaillement en vol : 23,49 m
Hauteur 5,40 m
Surface alaire 78,00 m2
Masses
À vide 14 500 kg
Avec armement 31 600 kg
Maximale 33 475 kg
Performances
Vitesse maximale À 13 125 m : 2 340 km/h (Mach 2,2)
Plafond 18 000 m
Vitesse ascensionnelle 12 588 m/min
Rayon d'action À 958 km/h et 13 125 m : 1 240 km
Avec réservoirs externes : 4 000 km
Armement
Interne Bombe nucléaire AN-11, AN-21 ou AN-22, ou une nacelle CT.52 de reconnaissance, semi-encastrées sous le fuselage
Externe missile ASMP, 2 réservoirs externes de 2 500 L, conteneurs ECM, bombes classiques (charge maximale : 6 800 kg)

Dassault Mirage IV

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Date de dernière mise à jour : 27/03/2014

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